1884, Manœuvres de cavalerie

Manœuvres de cavalerie.– Nous avons annoncé avant-hier qu’un piquet de dragons et divers officiers supérieurs se trouvent actuellement dans notre ville pour faire des opérations stratégiques. Nous apprenons par un avis officiel de monsieur le Kreisdirektor  I ling à Altkirch, que des exercices d’état-major auront lieu du 28 septembre au 5 octobre et qu’environ 15 officiers avec soldats et chevaux y prendront part. Le général comte de Hælseler, les colonels de Altenstadt et Rittmeister de Natzner sont les officiers supérieurs qui commandent ces exercices.

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1884 -Accidents, vol au cimetière, fausse-monnaie, concours de tir, tramway, téléphone, théâtre d’été, tribunal des échevins, Riedisheim, Zillisheim, Hagenbach, Colmar, Strasbourg

Accidents.  –On nous signale deux accidents qui ont eu lieu le lundi de Pentecôte.

Le fils d’un bourgeois de notre ville, courant et sautant au Jardin zoologique, rencontrant de son pied une racine d’arbre qu’il n’avait pas aperçue, tomba la face sur une souche, qui lui ouvrit toute la joue; un peu plus, il se serait crevé l’œil.

Un homme d’équipe de la gare, nommé Haas, eut les doigts du pied droit écrasé par un train ; mais il continua de travailler et ce n’est que le lendemain au soir qu’il fit connaitre l’accident qu’il lui était arrivé ; à ce moment, le pied et la jambe étaient fortement enflés. Trois doigts sont perdus ; on ne sait encore s’il ne faudra pas lui amputer les deux autres. Le blessé a été transporté à l’hôpital.

Vol au cimetière catholique. –Lundi, deux jeunes filles, assez bien mises, sont allées se promener au nouveau cimetière catholique; à leur sortie, le gardien remarqua que ces personnes tenaient fermées avec un certain soin les ombrelles qu’elles portaient ; il examina la chose de plus près et constata que ces ombrelles cachaient de très jolies fleurs qui avaient été recueillies sur des tombes. Procès-verbal a été dressé et il est probable que ces fleurs reviendront à un prix singulièrement plus élevé que si elles avaient été achetées chez un horticulteur.

Fausse-monnaie. –La femme arrêtée pour fabrication de fausse monnaie, dont nous avons parlé, était aidée, comme nous l’avons justement supposé, par son mari qui était menuisier et qui aussi a été mis en lieu de sûreté. La police a fait vider la fosse d’aisance, où on a trouvé tout l’outillage nécessaire pour fabriquer, non-seulement des pièces de 10 pfennig, comme celles que l’on a prises, mais encore des pièces de 1 mark.

Un grand concours de tir international, organisé à la manière des tirs fédéraux suisses par la société de tir de Montbéliard, a réuni, en cette ville, les 1er, 2 et 3 juin, un grand nombre de personnes venues des pays environnants. Ce concours continuera les 8, 9 et 10 juin, et l’affluence des amateurs ne sera pas moins grande que les premiers jours de la fête. Il sera distribué jusqu’à 6 000 francs de prix. Une cible d’honneur est installée au Stand de la Chiffogne ; le plus habile tireur gagnera le buste du général Desaix (biscuits de Sèvre), d’une valeur de 1 000 francs, offert par M. le président de la République.  Avis aux amateurs de notre région. Nous serons heureux d’enregistrer les succès qu’ils pourront remporter dans cette lutte pacifique et internationale, à laquelle ils sont conviés par leurs confrères Franc-Comtois.

Tramway de Mulhouse. — Voici le mouvement et le résultat de l’exploitation sur l’ensemble de nos lignes, pendant le cours du mois de mai: Le nombre de personnes transportées a été de 71.701, et a produit une recette de  8,546 m. ; les marchandises transportées atteignent le chiffre de 11,230 tonnes, qui ont produit une recette de  14.082 m. 97.

Téléphone de l’Express. –Les bur juineaux de l’Express viennent d’être reliés au réseau téléphonique. A cette occasion, nous serions heureux que les abonnés du téléphone, lecteurs de l’Express, voulussent bien nous adresser, à l’occasion, sur les faits dont ils pourraient avoir connaissance, des renseignements susceptibles d’intéresser nos lecteurs, et nous les remercions à l’avance de ces communications.

Théâtre d’été. — Le théâtre allemand de la brasserie Dumény continue d’attirer de nombreux visiteurs, ce qui justifie d’ailleurs le talent des principaux artistes qui le composent. Ce soir, il donnera Der Bibliothekar, comédie-bouffe en quatre actes, de G. de Moser.

Tribunal des échevins.  –Audience du 4 juin:

M. Volkmuth Gaspard, négociant à Mulhouse, dans les magasins duquel deux chiens, par leurs aboiements incéssants, troublait le sommeil des voisins, avait été invité par la police à payer une amende de 5 mark et éventuellement à deux jours de prison.  Sur son opposition, l’affaire parait au tribunal des échevins qui,  considérant M. Volkmuth, malgré ses dénégations, comme propriétaire de ces chiens, rejette son opposition et maintient l’amende.

Une intéressante affaire de falsification de lait est examinée dans la même audience.  Le sieur Martin Lämmlin, laitier à Riedisheim, vendit, le 4 avril à Mulhouse, du lait dans lequel on constata une addition de 15% d’eau. Le 7 avril, il emmena avec lui l’agent de police de Riedisheim et, sur le lait que lui fournit Joseph schaller, il préleva un litre qui fut  remis à la direction de police de Mulhouse et transmis par celle-ci à un chimiste ; le laitier prétendait que l’addition d’eau avait été faite, non par lui, mais par son fournisseur.  Le lait analysé contenait aussi 15% d’eau de plus qu’il ne devait y en avoir.  A l’audience, Lämmlin avoue bien avoir ajouté une chope d’eau aux 28 litres de lait du 4 avril; mais Schaller prétend  avoir fourni le lait dans l’état que l’avaient donné ses vaches. M. le docteur Aeby, l’expert, déclare que le fourrage consommé par les vaches ne pouvait donner que du lait de bonne qualité et que du mauvais lait ne s’obtenait qu’en nourrissant les vaches avec des résidus de distillerie de pommes de terre. Malgré les efforts des deux avocats chargés de la défense des prévenus,  Lämmlin et Schaller sont condamnés à une amende de 20m. chacun.

Riedisheim.  — Nous avons parlé lundi de deux vols commis à Riedisheim, l’un d’environ 400 mark et l’autre de 6 mark.  On sera bien surpris d’apprendre que les auteurs de ces vols sont deux moutards d’une douzaine d’années, de Bischwiller ; épris de la passion des voyages, ils entreprirent ensembles une tournée dans la Haute Alsace, avec de l’argent qu’ils avaient sans doute pu soustraire à leurs parents ; quand leur numéraire fut épuisé ils ne trouvèrent rien de mieux que de le renouveler aux dépens d’autrui et c’est ainsi qu’a commencé leur existence de Cartouche. Avec les fonds qu’ils se procurèrent de cette façon, ils se montrèrent en vêtements, montres, violon, accordéon et autres jouets, de sorte que l’argent volé s’était  assez considérablement réduit entre leurs mains. De Mulhouse ils s’étaient rendus à Wissembourg, où ils éveillèrent par leurs dépenses, l’attention de la police qui les mit en arrestation.

Zillisheim. — Mardi matin, vers 9 heures et demie, on a retiré du canal, près de Zillisheim, le cadavre du nommé Jacques Guethgeseil, célibataire, âgé de 30 ans, de cette commune ;  On l’avait vu encore la veille à 10 heures du soir dans un état d’ébriété assez prononcé. On ne sait pas si sa mort est due au suicide où à un accident.

Hagenbach. — On nous écrit:

Dans la nuit du dimanche de Pentecôte, de mauvais plaisants se sont amusés à placer des poteaux dans le jardin du presbytère et à coté de certaines maisons de l’endroit.  Tous ces poteaux étaient reliés entre eux  au moyen de fils. Les isolateurs étaient représentés par des capsules en papiers. On se plaint au village de certains rapporteurs et rapporteuses cherchant  à exciter la haine des habitants les uns contre les autres, et c’est pour les signaler à la vindicte publique que le tour avait été joué. Comme le lundi de Pentecôte c’était la fête du village, on peut juger des balivernes de toutes sortes débitées au sujet de ce télégraphe improvisé.

Colmar. — Les Affiches alsaciennes annoncent que le lundi de Pentecôte, une servante se rendant de Colmar à la forêt, où elle devait rejoindre ses maîtres, a été arrêtée par un soldat qui la maltraita et la viola. On put heureusement retrouver ce misérable, qui attend sous les verrous le châtiment qu’il a mérité.

— On se rappelle qu’il y a quelques temps le portier de la gare Graff s’est suicidé. Son remplaçant vient de voir aussi le terme de sa carrière: vers 3 heures, arrive en gare le train express de Strasbourg et au même moment part un train de marchandises pour Strasbourg. Or, hier, on ne sait pas par quelle fatalité, le portier est tombé sous le train de marchandises qui lui a coupé les deux jambes ; son état est désespéré.

Strasbourg.  —  L’Union annonce que mardi, à deux heures de l’après midi,  M. Kanzler, juge de la paix,  accompagné de trois hommes de police, a fait une descente dans les bureaux de ce journal.

Le rédacteur responsable a été soumis à un interrogatoire. Sommé de déclarer le nom d’un auteur d’un article intitulé le D’ Deecke, qui a paru dans le N°122 portant la date du 25 mai, article qui a provoqué des poursuites judiciaires, il s’y est refusé. La police a alors procédé dans les bureaux du journal, à une perquisition minutieuse qui n’a pas duré moins de deux heures.  Le corps du délit, c’est-à-dire le manuscrit de l’article, n’a pas été trouvé.

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1884, Trouvaille, cadavre, tramway & tricycles électriques

Trouvaille. -Dans les fouilles faites pour la pose des conduites d’eau, on a trouvé avant-hier, sur la place de la Concorde, à une profondeur d’environ 1m.80, des squelettes humains, dont deux,  malgré l’époque reculée à laquelle ils y avaient été enfouis, étaient fort bien conservés; la foule s’amassa bientôt à l’entour et un gamin s’amusait à arracher les dents d’un crâne. Ces squelettes et d’autres objets qui les accompagnaient semblent prouver que l’emplacement où on les a découverts, surtout du côté de l’hôpital ou du cloître, a servi jadis de cimetière. Ces ossements ont été réunis pour être portés et enterrés au cimetière actuel. On a trouvé encore au même endroit des ossements de plus grandes dimensions, qui paraissent provenir d’animaux.

Le cadavre d’un vieillard a été trouvé ce matin à trois heures par une ronde de police au faubourg de Colmar; on l’a reconnu pour être celui d’un ancien tourneur en bois, connu déjà pour son amour désordonné pour la boisson et le tapage.

Tramway. – Demain fête de l’Ascension et dimanche prochain, les trains du tramway pour Dornach, à l’occasion de la fête de la commune, se succéderont à partir de midi, toutes les 20 minutes tant pour l’aller que pour le retour.

Tricycles électriques. -On nous annonce que des mécaniciens de l’établissement de construction mécanique de la Société Alsacienne, sont en voie d’établir des tricycles à deux places, où le mouvement si fatiguant des jambes serait remplacé par un moteur électrique;   Ce serait là une innovation, qui, si elle réussit, tant au point de vue de la force motrice   suffisante qu’à celui de l’exiguïté relative de son prix de revient, est appelée à un avenir sérieux et à donner à la construction de ces voitures une impulsion énergique et une importance considérable.

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1884, Tribunal correctionnel -Audience du 21 février

Joseph Schwarz âgé de 25 ans, journalier à Dornach, déjà condamné deux fois pour coups et blessures, parait être un véritable vagabond. Le 14 janvier sur la route entre Kingersheim & Wittenheim, il rencontre le boucher Schwob de Pfastadt. « Donne de l’argent, cochon (Geb Geld her, du Stinker) » ! lui cria-t’il. Schwob, qui est un gaillard solide, lui répondit par un coup de sa lourde canne. Schwarz tire son couteau; mais, avant de pouvoir s’en servir, il reçu encore une décoction de bois vert qui lui fit prendre la fuite abandonnant sa casquette. Arrêté peu de temps après, il est condamné aujourd’hui à un an de prison.

Colmar. – Voici la liste d’affaires qui seront soumises à la Cour d’Assise dans la session qui commencera le 25 février courant:

  • Robert Buhl, 45 ans, percepteur à Schlestadt ;
  • Pierre Bodde, 36 ans, percepteur à Willer;
  • Moïse Schwarz, 51 ans, receveur d’enregistrement à Ribeauvillé;
  • Jules Muller, 58 ans, chef de gare à Neuf-Brisach;

Les quatre accusés ci-dessus comparaissent pour détournement de fonds reçus dans l’exercice de leurs fonctions et faux.

  • Guillaume Mahler, 45 ans, journalier à Luttenbach, tentative de viol;
  • André Georges, 25 ans, journalier à Markolsheim, viol;
  • Mathieu Meyer, 58 ans, journalier à Sondernach, incendie volontaire;
  • Mathieu Sonntag, 31 ans et Jean Sonntag, 28 ans, tous deux cultivateurs à Sondernach, coups et blessures suivi de mort;
  • Victorien Grosskopf, 46 ans célibataire à Eschentzwiller, incendie volontaire
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1884: Boucles d’oreilles, centenaire, cadavre, vagabonds, pluviométrie, faux ticket, châle, fausse monnaie, Tribunal correctionnel-Audience du 4 février, pétition, betterave à sucre, l’affaire du comptoir d’escompte

  • Des boucles d’oreilles en or, d’une certaine valeur, ont été enlevées vendredi à un un jeune enfant par une fille paraissant avoir une quinzaine d’années, qui s’est d’ailleurs empressé de disparaître avec le produit de ce vol. Avis aux parents qui laissent leurs enfants sans surveillance sur la voie publique.
  • Centenaire.  -Notre concitoyen, M. Schupp, entre aujourd’hui dans sa 104e année. Nous souhaitons à notre centenaire qui a gardé pendant 103 ans une rare lucidité d’esprit, de conserver encore sa bonne santé pendant la nouvelle année qui s’offre à lui.
  • Un autre cadavre a été trouvé hier entre 11 heures et midi dans l’ancien bassin du canal; il a été reconnu pour être celui du nommé Henri Fenner, tailleur, né à Kussnacht (Suisse); il ne portait aucune trace de violence ; mais on ne sait si la mort de cet individu est due à un suicide, à un accident ou à un crime.

On n’a pu  établir encore l’identité du cadavre, dont on a annoncé hier la découverte près du pont d’Altkirch.

  • Des vagabonds ont pénétré avec effraction, dans la nuit de samedi à dimanche, dans un magasin de la chaussée de Dornach et y on volé des revolvers et de la poudre.
  • Observatoire de la Société Industrielle: Les stations pluviométriques de la Société Industrielle ont donné, en janvier les résultats suivants:

Eaux tombées bassin de la Doller

 Lieux concernés par les habituels relevés  altitude  millimètres
Mulhouse -ville 250  44
Mulhouse -jardin zoologique 300  35.9
Oelenberg 285  45.6
Heimsbrunn 300  45.6
Sentheim 365  119
Bourbach-le-Bas 370  103.8
Masevaux 410  104.6
Oberbruck 460  113

Bassin de l’Ill:

  Lieux concernés par les habituels relevés   altitude millimètres
Tagolsheim  276  27.5
Dannemarie  380  48.8
Roppentzwiller  395  36.7
Ferrette  375  

Bassin de la Thur

   Lieux concernés par les habituels relevés  altitude millimètres
Cernay   375  6.2
Willer   380  102
Thann   345  90
Wesserling   387  106
Wildenstein   570  269

Bassin de la Lauch

   Lieux concernés par les habituels relevés  altitude millimètres
Guebwiller   300  70
Sengeren  430  122
  • Un jeune homme, qui se disposait hier à se rendre à Colmar, acheta devant la gare à un inconnu un billet à bon marché qui lui fut donné comme valable pour sa destination. Mais au moment du contrôle, on constata que ce billet était périmé. Naturellement le voyageur du se pourvoir d’un autre ticket; heureusement encore pour lui qu’il put trouver des témoins qu’il avait été de bonne foi en achetant son billet. Quant au vendeur, on comprend qu’il s’était mis à l’abris des recherches.
  • Une demoiselle de la rue du manège, sortant dimanche de l’office de l’église catholique Saint-Etienne, se trouva tellement pressée par la foule, ne s’aperçut pas qu’un adroit voleur lui enlevait un châle de prix qu’elle portait. Elle se propose, dit-on, de faire réclamer cet objet du haut de la chaire, dans l’espoir qu’un remords de conscience déterminera le voleur à lui rendre son châle. Nous souhaitons mais doutons beaucoup que son espoir se réalise.
  • Des pièces de monnaie fausse de 2 mark, qui ont été mises en circulation, ont été présentées à la police, qui s’est immédiatement mise en mesure de trouver le fabriquant. Deux fois en effet, on lui a porté de ces pièces: elles portent le millésime 1883, sont d’une assez bonne fabrication; le son comme la netteté des empreintes , fait qu’elles sont difficiles à distinguer des autres ; cependant la tranche laisse à désirer et c’est là seulement que l’on peut reconnaître l’imperfection relative de l’outillage qui a servi à les obtenir. Une enquête est ouverte; on recherche l’auteur ou les auteurs de cette fabrication. En portant ces faits à la connaissance du public et en l’engageant à examiner avec soin les pièces qu’il lui sont remises, on finira peut-être par recueillir des indices permettant d’arriver à la découverte de la fabrication criminelle signalée.
  • Tribunal correctionnel -Audience du 4 février:    De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! C’est là,  semble-t’il, dont s’inspire un fripier natif de Thoune (Suisse) , établi à Mulhouse dans la rue des Bons-Enfants, déjà condamné une fois à cinq jours de prison pour avoir volé et mangé le chat d’un de ses voisins. Au mois de novembre dernier 2 frères, les nommés Bierlé de notre ville, entrèrent dans sa boutique pour y acheter des bottines de rencontre. Il leurs fait voir une paire qu’il offre au prix de 3 mark. L’un d’eux se récrie sur le prix qu’il trouve trop élevé; le fripier C. Bischoff, lui dit de le suivre dans son arrière boutique pour lui en montrer d’autres moins chères.                   Mais ici, la scène change de nature; après avoir fermé la porte à clef, le fripier tombe sur le jeune homme et l’accable de coups en lui faisant sur différentes parties du corps des contusions et même des blessures assez sérieuses. Le frère qui était resté dans la première pièce, aux cris du patient et dans l’impossibilité d’aller à son secours, prend peur et se sauve. Mais la scène prend fin et le battu fini par sortir ; mais c’est pour se rendre clopin-clopant à la police et y déposer une plainte.

L’affaire est portée le 29 novembre devant le tribunal des échevins. Ici, on reconnait d’abord que le sieur Bischoff, qui a laissé sa femme légitime en Suisse et vit en concubinage à Mulhouse, est un personnage fort peu intéressant;  c’est ici que commencent ses audacieux mensonges; il prétend en effet, qu’il n’a battu le jeune homme Bierlé seulement parce qu’il voulait lui voler ses bottines; à l’appuis de son affirmation, il fait même comparaître une bonne de la brasserie Gottenkieny qui confirme, sous la foi du serment, les dires du prévenu  malheureusement les jeunes Bierlé jouissent de la meilleure réputation et, comme leur plainte est en contradiction manifeste avec  les dires du fripier, le tribunal se déclare incompétent et l’affaire, soumise à une nouvelle enquête, revenait devant la chambre correctionnelle à l’audience d’hier matin.

La cause avait provoqué l’appel de nombreux témoins, qui tous déposent contre le fripier. La fille qui avait parue devant le tribunal des échevins avoue que le consciencieux citoyen Bischoff lui avait payé deux verres d’anisette et du vin pour la décider de déposer, comme elle l’avait fait en lui faisant accroire que devant le petit tribunal il n’était pas question de prestation de serment comme au grand.

Malgré ces témoignages convaincants démontrant sa culpabilité, notre fripier persiste, avec une singulière effronterie, dans ses dénégations. Mais ce système ne fait que rendre sa situation moins digne d’intérêt; aussi se voit-il condamné à 18 mois de prison et la privation de ses droits civiques;  sa complice elle même, la pauvre servante paye sa malheureuse condescendance de six mois de prison; tous deux sont en outre, condamnés solidairement aux frais de procès.

— Charles Fr., menuisier, marié et père d’un enfant, est un digne père de famille. Grâce à son travail et à ses économies il a pu se procurer un mobilier qui consiste en …. une voiture d’enfant, ce qui est d’ailleurs extrêmement commode pour lui, en lui rendant ses déménagements d’une rare facilité. Il lui arrivait de changer de logement à toute heure du jour et de la nuit et même d’emporter par mégarde la clef de sa chambre. Sans doute les soins qu’il donnait à son enfant ne lui permettaient guère de travailler; mais sans argent, il lui fallait cependant les nourrir. Etant entré par hasard dans le bureau non-fermé de Georges Fuchs, graveur sur rouleaux, il exerçât sur le bureau une pression un peu forte qui le fractura, en l’absence d’espèces, un tournevis fut le seul objet qu’il lui a paru prudent d’emporter. Ces circonstances ne lui sont pas favorables et il se voit condamné à 6 mois de prison pour tentative de vol par effraction.

  • Guebwiller. -On signe dans cette ville une pétition pour demander l’amélioration des communications entre Guebwiller, Mulhouse et la vallée de Saint-Amarin. Les échanges étant considérables avec ces points rapprochés, il est d’une importance capitale que ces travaux soient entrepris et menés à bonne fin, le plus vite possible. La pétition sera adressée à la chambre de Commerce de Colmar et à l’administration des chemins de fer.
  • Ensisheim. -4 février 1884.   -On nous écrit: » La betterave à sucre. – La réunion du Comice agricole tenue ici dimanche dernier s’est particulièrement occupée de la culture de la betterave à sucre ; mais on s’est aussi occupé des irrigations de la Hardt au moyen de prises d’eau sur le Rhin et d’une dérivation de l’Ill. M. Ostermeyer, dont l’express a publié une intéressante étude sur la question sucrière en Alsace à exposé de nouveau les conditions de la culture de la betterave. D’après ses déclarations, la fabrique de sucre de Rouffach sera construite dès que les propriétaires des localité de notre rayon auront souscrit par la culture d’environ 500 hectares de betteraves. Un propriétaire du département du Nord, M. Desprez, a déclaré à la réunion que dans les environs de Lille, la betterave à sucre rend jusqu’à 60 000 kg à l’hectare, tandis que les terres plantés en blé alternativement avec la betterave donnent 35 hectolitres de froment, soit le double de nos récoltes moyennes en Alsace. Aussi les propriétaires de notre contrée sont bien disposés pour la culture de la betterave. Un gros cultivateur d’Oberbergheim, M. Ehrhardt, ayant soutenu que la création des chemins de fer au profit de l’industrie portait grand préjudice à l’agriculture parce qu’elle entraîne le bas prix du blé, M. Charles Grad dans un discours fort développé sur la situation de l’agriculture a cherché à prouver que les intérêts des cultivateurs et de l’industrie sont solidaires les uns des autres.                                 Selon lui, l’augmentation sur les droits d’entrée sur les blés n’amélioreraient pas sensiblement la situation du paysan tandis que l’ouvrier des villes serait contraint à l’émigration en payant le prix beaucoup plus cher. Pour cette raison, il vaut mieux améliorer la culture afin d’obtenir des récoltes plus abondantes. Cette conclusion de M. Grad ne parait pas du gout de nos cultivateurs, qui se plaignent, aussi d’ailleurs, de ne pas avoir assez d’eau pour les irrigations.   Ils voudraient disposer librement des eaux du Canal Vauban et demandent la création d’un canal qui conduisent dans la Hardt les hautes eaux de l’Ill, chargées de limon en temps de crue. On a aussi émis des voeux pour l’établissement d’un tramways de Mulhouse à Ensisheim que l’honorable M. Rudolph, président de notre Comice agricole et représentant de la Landeshausschuss, est chargé de réclamer au gouvernement.  Monsieur Ostermeyer dit que suivant toute probabilité la construction de la fabrique de sucre de Rouffach pourra être commencée au printemps prochain. Le maire de Rouffach, M. Heimburger, membre du Landeshausschuss, qui s’intéresse beaucoup à cette question, assistait aussi à la réunion ».
  • Colmar. -Le 4 février 1884.  –On nous écrit:  » L’affaire du comptoir d’escompte tourne à la tragédie. En faisant la vérification des titres appartenant à des tiers, qu’il avait reçu en dépôt, on a constaté la disparition d’une somme de 200 000 fr. en obligations du chemin de fer ; dans l’enveloppe qui les renfermait, ces valeurs avaient été remplacées par du papier de rebut. Il est facile de concevoir le désespoir du directeur quand on fit cette découverte. Il déclara dès le premier moment qu’il ne survivrait pas à l’infidélité dont il était victime, et il tint parole. Ce matin on le trouva pendu dans sa chambre à coucher, laissant un écrit où il incriminait, dit-on, l’un de ses subordonnés.

Étrange coïncidence, la personne à qui le dépôt appartenait et qui était liée d’amitié avec M. P.., était depuis quelques temps son hôte et logeait sous son toit.  A la suite des inculpations dont il était l’objet, le comptable incriminé à été mis aux arrêts dans sa maison, où il est gardé à vue par la police. L’état très grave de sa santé ne permet pas de l’incarcérer dans ce moment. On s’accorde à prévoir de fâcheux contre-coups pour le commerce de Colmar et des environs.

 

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1884 -Chemins de fer, transports, cocu, lourd camion, réunion de cultivateurs, achat de tabac, accidents

Le directeur général des chemins de l’Alsace-Lorraine, M. le conseiller privé Mebes à traversé notre gare hier, à 4h16 se rendant en  Italie accompagné de plusieurs membres de la direction de Strasbourg. Ces messieurs se rendent en Italie où vont traiter avec les compagnies Italiennes la question du transit entre les deux pays qui réclame quelques améliorations urgentes.

Transports.– D’après un avis reçu à notre gare, un arrêté ministériel n’autorise plus le transport en France des déchets de laine et de coton, que si ces marchandises sont emballées en caisses de fer blanc ou en bois d’au moins un centimètre d’épaisseur.

Séparation de corps. -Une surprise agréable? était réservée à un employé du chemin de fer qui revenait chez lui dans la nuit pour prendre son repos: en entrant dans son appartement, il constate en effet  que les lits, une montre, des tableaux et environ 200 m. en espèces avaient disparus: sa chère et fidèle moitié avait cru devoir le débarrasser de tous ces objets ainsi que de sa propre personne, qu’elle avait confiée à la garde d’un amant plus jeune, avec lequel elle avait pris le chemin de Paris pour y trouver le paradis qui, paraît-il, n’était pas au domicile conjugal.

Un lourd camion traîné par deux chevaux vigoureux et chargé de ballots de marchandises a failli provoquer ce matin un accident grave à la porte de Bâle, à la hauteur du Cercle social.

Le chargement était sans doute défectueux  car à cet endroit, une partie des balles à dégringolé dans la rue, atteignant légèrement un employé de l’octroi qui passait à proximité et qui en a été heureusement quitte pour la peur et un choc peu agréable.

Ensisheim, 1 février 1884, -On nous écrit: « Dimanche, à 2½ heures, il y aura dans la maison commune une réunion de cultivateurs, au sujet de la plantation de betteraves. Les betteraves serviraient à alimenter une petite fabrique qui tirerait d’elles le sucre qu’elles contiennent. L’établissement serait construit par M. Ostermeyer de Rouffach ».

Tout le monde souhaite prospérité à cette entreprise, dont la réussite serait dans l’intérêt du capitaliste et en même temps des planteurs. Reste à savoir si la culture qui demande des soins particuliers pourra, avec la main d’oeuvre si chère dans quelques communes, donner un résultat favorable au point de vue du rendement et du prix de vente. Pour moi j’ai bon espoir , et je ne suis certes pas le seul.

Benfeld. – On nous écrit: « Nos cultivateurs se sont émus  des agissements malhonnêtes employés par quelques courtiers et négociants pour l’achat du tabac en feuilles ; afin d’aviser  aux moyens de sauvegarder leurs intérêts, les principaux planteurs du pays on convoqué une réunion qui aura lieu demain samedi à la mairie de Westhausen et dans laquelle seront discutées les mesures de précautions à prendre dans le cas présent.

Niffer. -Un accident heureusement fort rare est arrivé dans cette commune à deux journaliers, les frères Ast occupés à recueillir dans un bateau les galets roulés par les eaux du Rhin. Pour remonter le courant du fleuve, assez rapide en ce moment, ils avaient attelé à une corde un cheval qui suivit la berge. Arrivé à un coude, la barque a été violemment entraînée par les remous; le cheval n’a pu résister à l’impulsion donnée et est tombé dans les eaux bouillonnantes. Les deux bateliers ont vu la mort de très près. La barque n’étant plus retenue , vint se heurter contre une souche, et ce n’est qu’à grande peine que les frères Ast ont pu atteindre le rivage en nageant. Le cheval a péri dans les flots.

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1883, Dragons Badois, accidents de chaudières, exercices militaires, voleuse précoce, voyage manqué,

Accidents de dragons Badois. -On a enterré samedi un musicien appartenant à un des deux régiments de Dragons qui s’exercent aux environs de  Habsheim. Mercredi dernier ce malheureux soldat a eu la poitrine enfoncée par le pommeau de selle de son cheval qui s’était emporté.

Un autre cavalier du même régiment, dans une charge simulée, est tombé de cheval et s’est fracturé le fémur. Son état est extrêmement grave.

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Accidents de chaudières à vapeur. -Dans un important établissement  de la vallée de Saint-Amarin, trois ouvriers étaient occupés récemment au nettoyage d’une chaudière à vapeur,  lorsque par une fatale erreur, l’un de leurs collègues ouvrit le robinet au moyen duquel on introduit la vapeur. Ces malheureux sortirent grièvement brûlés; ils sont toutefois en bonne voie de guérison.

Un fait analogue s’est passé, à peu près à la même époque dans une fabrique des Vosges, où trois hommes ont été atteints de brûlures graves.

Ces accidents malheureusement trop fréquents; nous avons gardé la mémoire de celui arrivé à Guebwiller il y a quelques années, où un ouvrier a succombé à ses brûlures. Nous engageons vivement MM. les industriels à prendre toutes les précautions possibles pour des travaux de ce genre; le moyen le plus sûr d’opérer, c’est d’intercaler une rondelle pleine entre les chaudières en service et celles en réparations ou en nettoyage.

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Exercices militaires. -Le commandant de corps, général d’Obernitz et le divisionnaire général de Berckeim partent aujourd’hui pour les grandes manœuvres de troupes, infanterie et cavalerie, réunies à cet effet sur le champ de manœuvre de Habsheim.

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Bourse de Mulhouse. -Mercredi prochain étant jour férié, la Bourse hebdomadaire se tiendra, le lendemain jeudi 16 août.

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Voleuse précoce. -Une fillette à peine âgée de dix ans,  a volé à sa mère un canard, une poule et 4 mark. La police à qui l’affaire a été dénoncée, a promis de s’occuper de cette petite voleuse.

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Voyage manqué. -Le fils d’une veuve habitant la rue Josué Heilmann, avait décidé de quitter le logis et de voyager. Samedi soir, après avoir fait son paquet, il se mit en route pour l’étranger. La première étape ne fut pas longue. Arrivé au seuil de la maison, il rencontra sa mère qui rentrait et qui le fit rentrer à son tour au bercail en lui administrant une correction.

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Excursions du dimanche. – Hier, la Société de la Jeunesse de Dornach a pris le train de Wesserling; les sapeurs-pompiers de Wittelsheim se sont dirigés sur Herrlisheim; la chorale de Rixheim après avoir manqué le train de 6h38 du matin est monté sur l’express  qui part à 10h32 et est partie pour Ribeauvillé.

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Promenade du Landeshausschuss sur le Rhin. -Nous venons de recevoir de l’un de nos « Simples Bourgeois », une lettre sur la promenade qu’ont fait, samedi et dimanche, sur le Rhin une grande partie des membres du Landeshausschuss, ainsi que nous l’avons annoncé. Le temps et l’espace nous manquent pour donner aujourd’hui encore cette bien intéressante lettre. Elle paraîtra dans notre numéro de demain.

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