1884 -Accidents, vol au cimetière, fausse-monnaie, concours de tir, tramway, téléphone, théâtre d’été, tribunal des échevins, Riedisheim, Zillisheim, Hagenbach, Colmar, Strasbourg

Accidents.  –On nous signale deux accidents qui ont eu lieu le lundi de Pentecôte.

Le fils d’un bourgeois de notre ville, courant et sautant au Jardin zoologique, rencontrant de son pied une racine d’arbre qu’il n’avait pas aperçue, tomba la face sur une souche, qui lui ouvrit toute la joue; un peu plus, il se serait crevé l’œil.

Un homme d’équipe de la gare, nommé Haas, eut les doigts du pied droit écrasé par un train ; mais il continua de travailler et ce n’est que le lendemain au soir qu’il fit connaitre l’accident qu’il lui était arrivé ; à ce moment, le pied et la jambe étaient fortement enflés. Trois doigts sont perdus ; on ne sait encore s’il ne faudra pas lui amputer les deux autres. Le blessé a été transporté à l’hôpital.

Vol au cimetière catholique. –Lundi, deux jeunes filles, assez bien mises, sont allées se promener au nouveau cimetière catholique; à leur sortie, le gardien remarqua que ces personnes tenaient fermées avec un certain soin les ombrelles qu’elles portaient ; il examina la chose de plus près et constata que ces ombrelles cachaient de très jolies fleurs qui avaient été recueillies sur des tombes. Procès-verbal a été dressé et il est probable que ces fleurs reviendront à un prix singulièrement plus élevé que si elles avaient été achetées chez un horticulteur.

Fausse-monnaie. –La femme arrêtée pour fabrication de fausse monnaie, dont nous avons parlé, était aidée, comme nous l’avons justement supposé, par son mari qui était menuisier et qui aussi a été mis en lieu de sûreté. La police a fait vider la fosse d’aisance, où on a trouvé tout l’outillage nécessaire pour fabriquer, non-seulement des pièces de 10 pfennig, comme celles que l’on a prises, mais encore des pièces de 1 mark.

Un grand concours de tir international, organisé à la manière des tirs fédéraux suisses par la société de tir de Montbéliard, a réuni, en cette ville, les 1er, 2 et 3 juin, un grand nombre de personnes venues des pays environnants. Ce concours continuera les 8, 9 et 10 juin, et l’affluence des amateurs ne sera pas moins grande que les premiers jours de la fête. Il sera distribué jusqu’à 6 000 francs de prix. Une cible d’honneur est installée au Stand de la Chiffogne ; le plus habile tireur gagnera le buste du général Desaix (biscuits de Sèvre), d’une valeur de 1 000 francs, offert par M. le président de la République.  Avis aux amateurs de notre région. Nous serons heureux d’enregistrer les succès qu’ils pourront remporter dans cette lutte pacifique et internationale, à laquelle ils sont conviés par leurs confrères Franc-Comtois.

Tramway de Mulhouse. — Voici le mouvement et le résultat de l’exploitation sur l’ensemble de nos lignes, pendant le cours du mois de mai: Le nombre de personnes transportées a été de 71.701, et a produit une recette de  8,546 m. ; les marchandises transportées atteignent le chiffre de 11,230 tonnes, qui ont produit une recette de  14.082 m. 97.

Téléphone de l’Express. –Les bur juineaux de l’Express viennent d’être reliés au réseau téléphonique. A cette occasion, nous serions heureux que les abonnés du téléphone, lecteurs de l’Express, voulussent bien nous adresser, à l’occasion, sur les faits dont ils pourraient avoir connaissance, des renseignements susceptibles d’intéresser nos lecteurs, et nous les remercions à l’avance de ces communications.

Théâtre d’été. — Le théâtre allemand de la brasserie Dumény continue d’attirer de nombreux visiteurs, ce qui justifie d’ailleurs le talent des principaux artistes qui le composent. Ce soir, il donnera Der Bibliothekar, comédie-bouffe en quatre actes, de G. de Moser.

Tribunal des échevins.  –Audience du 4 juin:

M. Volkmuth Gaspard, négociant à Mulhouse, dans les magasins duquel deux chiens, par leurs aboiements incéssants, troublait le sommeil des voisins, avait été invité par la police à payer une amende de 5 mark et éventuellement à deux jours de prison.  Sur son opposition, l’affaire parait au tribunal des échevins qui,  considérant M. Volkmuth, malgré ses dénégations, comme propriétaire de ces chiens, rejette son opposition et maintient l’amende.

Une intéressante affaire de falsification de lait est examinée dans la même audience.  Le sieur Martin Lämmlin, laitier à Riedisheim, vendit, le 4 avril à Mulhouse, du lait dans lequel on constata une addition de 15% d’eau. Le 7 avril, il emmena avec lui l’agent de police de Riedisheim et, sur le lait que lui fournit Joseph schaller, il préleva un litre qui fut  remis à la direction de police de Mulhouse et transmis par celle-ci à un chimiste ; le laitier prétendait que l’addition d’eau avait été faite, non par lui, mais par son fournisseur.  Le lait analysé contenait aussi 15% d’eau de plus qu’il ne devait y en avoir.  A l’audience, Lämmlin avoue bien avoir ajouté une chope d’eau aux 28 litres de lait du 4 avril; mais Schaller prétend  avoir fourni le lait dans l’état que l’avaient donné ses vaches. M. le docteur Aeby, l’expert, déclare que le fourrage consommé par les vaches ne pouvait donner que du lait de bonne qualité et que du mauvais lait ne s’obtenait qu’en nourrissant les vaches avec des résidus de distillerie de pommes de terre. Malgré les efforts des deux avocats chargés de la défense des prévenus,  Lämmlin et Schaller sont condamnés à une amende de 20m. chacun.

Riedisheim.  — Nous avons parlé lundi de deux vols commis à Riedisheim, l’un d’environ 400 mark et l’autre de 6 mark.  On sera bien surpris d’apprendre que les auteurs de ces vols sont deux moutards d’une douzaine d’années, de Bischwiller ; épris de la passion des voyages, ils entreprirent ensembles une tournée dans la Haute Alsace, avec de l’argent qu’ils avaient sans doute pu soustraire à leurs parents ; quand leur numéraire fut épuisé ils ne trouvèrent rien de mieux que de le renouveler aux dépens d’autrui et c’est ainsi qu’a commencé leur existence de Cartouche. Avec les fonds qu’ils se procurèrent de cette façon, ils se montrèrent en vêtements, montres, violon, accordéon et autres jouets, de sorte que l’argent volé s’était  assez considérablement réduit entre leurs mains. De Mulhouse ils s’étaient rendus à Wissembourg, où ils éveillèrent par leurs dépenses, l’attention de la police qui les mit en arrestation.

Zillisheim. — Mardi matin, vers 9 heures et demie, on a retiré du canal, près de Zillisheim, le cadavre du nommé Jacques Guethgeseil, célibataire, âgé de 30 ans, de cette commune ;  On l’avait vu encore la veille à 10 heures du soir dans un état d’ébriété assez prononcé. On ne sait pas si sa mort est due au suicide où à un accident.

Hagenbach. — On nous écrit:

Dans la nuit du dimanche de Pentecôte, de mauvais plaisants se sont amusés à placer des poteaux dans le jardin du presbytère et à coté de certaines maisons de l’endroit.  Tous ces poteaux étaient reliés entre eux  au moyen de fils. Les isolateurs étaient représentés par des capsules en papiers. On se plaint au village de certains rapporteurs et rapporteuses cherchant  à exciter la haine des habitants les uns contre les autres, et c’est pour les signaler à la vindicte publique que le tour avait été joué. Comme le lundi de Pentecôte c’était la fête du village, on peut juger des balivernes de toutes sortes débitées au sujet de ce télégraphe improvisé.

Colmar. — Les Affiches alsaciennes annoncent que le lundi de Pentecôte, une servante se rendant de Colmar à la forêt, où elle devait rejoindre ses maîtres, a été arrêtée par un soldat qui la maltraita et la viola. On put heureusement retrouver ce misérable, qui attend sous les verrous le châtiment qu’il a mérité.

— On se rappelle qu’il y a quelques temps le portier de la gare Graff s’est suicidé. Son remplaçant vient de voir aussi le terme de sa carrière: vers 3 heures, arrive en gare le train express de Strasbourg et au même moment part un train de marchandises pour Strasbourg. Or, hier, on ne sait pas par quelle fatalité, le portier est tombé sous le train de marchandises qui lui a coupé les deux jambes ; son état est désespéré.

Strasbourg.  —  L’Union annonce que mardi, à deux heures de l’après midi,  M. Kanzler, juge de la paix,  accompagné de trois hommes de police, a fait une descente dans les bureaux de ce journal.

Le rédacteur responsable a été soumis à un interrogatoire. Sommé de déclarer le nom d’un auteur d’un article intitulé le D’ Deecke, qui a paru dans le N°122 portant la date du 25 mai, article qui a provoqué des poursuites judiciaires, il s’y est refusé. La police a alors procédé dans les bureaux du journal, à une perquisition minutieuse qui n’a pas duré moins de deux heures.  Le corps du délit, c’est-à-dire le manuscrit de l’article, n’a pas été trouvé.

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A propos wurtzele1

Généalogiste amateur intéressé par l'histoire de l’Alsace et des alsaciens , qui par le biais de son blog, cherche à interpeller des cousins qui s'ignorent :-)
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