1921- Une rentrée mouvementée

Après quatre semaines d’excellentes vacances, M. et Mme X, passage de la Demi-Lune, rentraient avant-hier à Mulhouse, heureux au fond de retrouver leur home familier.

Ils le retrouvèrent effectivement. Mais dans quel état grands Dieux!…  Tables, chaises, étagères, armoires, placards, tout était sens-dessus-dessous, les tiroirs laissaient lamentablement traîner sur le parquet leur contenu bouleversé. Tout était fouillé, remué, éventré, arraché. Après le premier moment de consternation bien compréhensible, on fit un rapide inventaire. Plus de 20 000 francs de bijoux, d’argenterie et d’objets de valeur manquaient à l’appel.

Les voleurs avaient pu opérer à leur aise, et avaient pris leur temps, sûrs de n’être pas dérangés. On croit qu’ils appartiennent à une bande organisée, qui dernièrement opéra déjà dans le même style, rue de l’Espérance où ils mirent une chambre garnie  à sac .

Dans la nuit de mercredi, ils essayèrent de pénétrer chez M. le Notaire During qui les mit en fuite en donnant l’alarme.

La police s’est aussitôt mise en chasse. Souhaitons qu’elle flairera bientôt la bonne piste, et que nous pourrons sous peu annoncer quelques arrestations.

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1893 -L’Express: Météo; un pseudo agent de police; le rôle de l’impôt supplémentaire

Alsace-Lorraine

Mulhouse. – Le froid persiste et se manifeste, dans toute l’Europe, même dans le midi, il est intense. A Marseille il y a eu jusqu’à 5° en dessous de zéro, à Nîmes -7°.

Ce matin, à 8 heures, le baromètre marquait 732 mm et le thermomètre -10°.

Un pseudo agent de police. -Mardi soir, vers 6 heures, un soldat venait de la gare avec sa fiancée et se dirigeait vers le pont du canal quand le couple fut accosté par un homme qui dit à la jeune fille: « Au nom de la loi, je vous arrête, suivez-moi ». La jeune fille et son fiancé se récrièrent mais l’homme insista se disant agent de police et fit si bien que finalement la jeune fille se résigna à le suivre. En route, le soi-disant policier tint à sa prisonnière un langage peu décent et lui fit des déclarations tellement bizarres que la jeune fille profita d’un moment d’inattention de son conducteur pour s’échapper et aller se réfugier dans une auberge du voisinage. Le pseudo-policier a jugé prudent de ne pas y suivre la jeune fille.

Le rôle de l’impôt supplémentaire de la patente pour le IIIe trimestre 1892-93 est déposé au bureau des contributions de l’hôtel de ville, à la disposition des intéressés qui pourront le consulter et faire le cas échéant leurs réclamations par écrit, à M. le maire.

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1892 -L’Express: Tribunal correctionnel, audience du 4 novembre; Soultz: monuments funéraires; Val-de-Villé: Garde champêtre agressé, bâtiment masquant l’école et vin de la vallée.

Tribunal correctionnel, audience du 4 novembre:

Pierre Nobel, 30 ans, vannier, de Liebsdorf, possède un casier judiciaire constellé de 12 condamnations dont 7 pour vol. Il ne devait pas en rester là et une treizième condamnation pour vol avec effraction, à 5 ans de travaux forcés, 10 ans de perte de ses droits civiques et à la surveillance vient de s’ajouter aux 12 autres. Treize est un nombre fatal.

Giacomo Ferrari est un Italien comme l’indique son nom, âgé de 21 ans, tailleur de pierres de son métier. Il taille au besoin aussi dans les chairs. Séraphin Feder en a fait l’expérience en recevant de Giacomo un coup de couteau dans le dos, à l’occasion d’une rixe. La blessure était grave, la lame à atteint le poumon. Ce qui vaut à l’Italien 2 ans de prison.

Soultz. — On nous écrit le 3:  Comme d’habitude, en ces jours de tristesse fériée, notre population s’est portée en foule au cimetière, pour rendre aux trépassés le pieux hommage de la prière et du souvenir. A part le beau monument de la famille Blumenstiehl, il y en a un autre plus récent qui a fixé tous les regards: sur un socle de porphyre vert s’élève une statue symbolique de la douleur; mais la douleur dans ce qu’elle a de plus noble, par l’entre-vision de l’au-delà. Au pied de la statue une figure de jeune femme est souriante, d’un sourire poignant, par là même qu’il est plein de vie et de charme et qu’il fait voir sous un aspect plus cruel l’oeuvre impitoyable de la mort. C’est le portrait de la défunte, d’une ressemblance frappante. Sur le socle un nom de baptême seulement, et tout devant sur un coussinet de marbre blanc, autour d’une guirlande de fleurs admirablement ouvragée, les dates 1866, 1883, 1886 et 1892. Naissance, fiançailles, mariage et décès; ces quatre phases de l’existence que Renan dans son superbe langage traduisait ainsi: naître, aimer, fleurir et mourir. Ce travail de maître est signé Albert Holtz. Si nous sommes bien informé c’est au ciseau de ce même artiste de Colmar, qu’est du le monument si original et si émouvant des naufragés de Benfeld, qui a été placé ces jours-ci au cimetière d’Isenheim, et où l’ont voit 9 tombes, disposées par rangs de trois, l’une devant l’autre, s’aligner devant un rocher en porphyre, surmonté d’une croix qui affecte également la forme d’un rocher.

Du Val-de-Villé. — On nous écrit le 4: Le garde-champêtre Martin, de Breitenbach, a été assailli par deux mauvais drôles qui l’on assommé d’un coup de bâton et lui ont porté 9 coups de couteau. L’ état du blessé est grave.

La communauté de Saint-Maurice est en train d’acheter une propriété qui masque le bâtiment de l’école et lui intercepte la lumière. Le Conseil supérieur des écoles à promis une subvention de 4400 m. pour ce but.

On s’occupe à Villé du projet de construction d’un abbattoire dont les frais seront couverts au moyen d’un emprunt et d’une subvention de l’Etat.

On expédie tous les jours plusieurs wagons de vin de notre vallée. Le prix en est de 15 m. 40 la mesure.

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1892 -L’Express: météo; retour gratuit; exercices des Pompiers; l’ivrogne et sa fille; Sarah Bernhardt à Mulhouse.

ALSACE-LORRAINE

Mulhouse, 10 octobre 1892. -Ciel brumeux. Ce matin, à 8 heures, le thermomètre marque 10°; la pression atmosphérique est de 745mm.

Retour gratuit. -Les participants à l’assemblée générale des instituteurs de la Basse-Alsace, qui aura lieu le 19 octobre, à Strasbourg, jouiront, du retour gratuit sur les lignes d’Alsace-Lorraine.

Exercices des Pompiers. -Hier matin ont lieu, sur la place Franklin, les derniers exercices que nos pompiers exécuteront cette année. Dès 7 heures, la ville était éveillée par un joyeux appel de clairons et de tambours: c’était le corps des pompiers qui du Werkhof se rendit sur la place des manoeuvres, escorté par une foule sympathique. La nouvelle pompe à vapeur, toute entourée de couronnes excitait surtout la curiosité. De nombreux officiers de pompiers venus des localités voisines, étaient venus renforcer l’état major ordinaire. Inutile de dire que les manoeuvres, entrecoupées de quelques airs exécutés par l’excellente musique des pompiers, ont obtenu le plus grand succès auprès de la foule.

L’ivrogne et sa fille. -Hier soir, à 9h.¼, devant la Poste centrale, un homme, en état d’ébriété manifeste, était en train de rosser sa fille. Tandis que les passants protestaient, un Schutzmann, qui était de service par là, assistait impassible à la scène, et se contentait de disperser, assez brutalement d’ailleurs, le rassemblement qui s’était formé. Bien plus, nous avons vu le moment où il allait conduire au poste non pas l’ivrogne, mais un passant qui laissait percer trop vivement son indignation.

Ce brave fonctionnaire se rappelait sans doute le temps où, sur les bancs de l’Université, il apprenait qu’en droit romain la puissance paternelle n’a pas de limites. Mais la société actuelle n’est pas régie uniquement par le Jus Romanum, et si Justinien reconnaît une action illimitée à l’autorité paternelle, il y a des règlements de police qui permettent de coffrer tout pochard, s’appelât-il Brutus ou le vieil Horace, qui fait du scandale sur la voie publique.

Sarah Bernhardt à Mulhouse. -Samedi dernier, à 1h. 9 min., Sarah Bernhardt, l’éminente tragédienne, était de passage à notre gare. Elle venait de Belfort, accompagnée des 35 artistes qui composent sa troupe.

Elle venait jouer, le soir même, à Zurich. Par suite du retard du train de Belfort, elle n’a pas pu prendre le train de 1h.18 pour Bâle, et elle a dû attendre jusqu’à 3 h. 3.

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1892 -l’Express: météo; la Volkszeitung; gare militaire; Tribunal correctionnel. – Audience du 7 avril; Galfingen; Dannemarie; Masevaux; Cernay; Vieux-Thann; Thann; Fullern; Guebwiller, le 6 avril; Schlestadt; Schervillé

Mulhouse. – Le baromètre est en hausse de 1mm sur hier. Il marque ce matin à 8 ½ heures 738mm. Le thermomètre indique +12°, également en hausse.

La Volkszeitung se fâche, donc elle à tort.  Elle nous menace de ses foudres (pourvu que ce ne soit pas de dynamite!), parce que notre correspondant a relaté l’accueil fait par des paysans d’Orschwihr à un groupe de socialistes venus dimanche dernier de Guebwiller dans un but de propagande. Nous serions nous mêmes, nous dit gracieusement notre confrère de la rue du Bourg, aussi… peu intelligents que les ruraux qui ont reçut les apôtres du socialisme  au bout de leurs échelas. Nous comprenons que cette façon de goûter le crû du pays n’ait pas été à leur convenance.

Mais les paysans d’Orschwihr sont peut-être plus intelligents que le suppose la Volkszeitung. Ils savent, eux aussi, que les conseillers ne sont pas les payeurs et qu’ils n’ont rien à attendre des théories creuses plagiées par l’organe socialiste Mulhousien des journaux d’outre Rhin, ses confrères.

Gare militaire. – On travaille actuellement à la pose de deux nouvelles voies, à la gare de la Wanne, ce qui portera à quatre le  nombre des voies destinées aux transports militaires. Chacune de ces voies est susceptible de contenir 80 wagons; 320 wagons tiendraient donc dans l’ensemble de la gare et pourraient, en cas de besoin, recevoir toute la garnison  de Mulhouse, avec chevaux et bagages.

On parle aussi de construction d’une nouvelle rotonde à la Wanne. Celle-ci serait destinée à abriter les machines nécessaires à la traction du matériel de la gare militaire.

Tribunal correctionnel. – Audience du 7 avril:

Henri Heyer, âgé de 31 ans, menuisier à Wenzweiler, a été condamné le 16 février par le tribunal des échevins de Hunningue, à un mois de prison pour délit de chasse. Ayant interjeté appel de ce jugement, la peine est réduite à 15 jours.

Alphonse Angsell, ouvrier de fabrique, âgé de 32 ans; Alfred Arnold, âgé de 22 ans, et Joseph Kientzig, âgé de 18 ans, tous demeurant à Kruth, et accusés de délit de chasse, ont été acquittés par les échevins de Saint-Amarin. Le ministère public ayant rejeté l’appel, le tribunal annule le jugement des échevins et condamne Angsell à 15 jours de prison, Arnold et Kientzig à une semaine de la même peine, le tribunal ordonne en outre la confiscation des armes qui ont servi au délit.

Joseph Mura, portier âgé de 41 ans demeurant à Saint-Amarin, a injurié l’instituteur de la commune dans le courant de janvier. Il a été acquitté par les échevins, le 10 mars, mais le ministère public ayant interjeté appel, il s’entend condamné à 5 mark d’amende par le tribunal qui admet des circonstances atténuantes.

Albert Schopp, ouvrier de fabrique, âgé de 16 ans, détenu à la prison de Mulhouse, s’est rendu coupable du crime de lèse-majesté. Le tribunal le condamne à 3 mois de détention.

Joseph Sittler, batelier, âgé de 28 ans, sans domicile, a-dérobé de la houille à Hunningue. Ayant déjà subi plusieurs condamnations, le tribunal lui inflige 6 mois de prison.

Galfingen. – Des hommes à la recherche de Graff, le meurtrier dont nous avons parlé, on trouvé dans la foret de Galfingen, un homme d’une quarantaine d’années, pendu à un arbre. A ses cotés se trouvait un paquet contenant des outils de menuisier, et un certificat constatant qu’il avait travaillé en Westphalie. La veille cet individu avait logé chez le maire de Galfingen.

Dannemarie. -La prochaine foire aura lieu le lundi 11 avril.

Masevaux. – M. le Kreisdirektor se trouvera à Masevaux le 13 courant.

Cernay. – On nous écrit le 6: On enterrait mardi, un nommé Hoeflingen, mort la veille. Au milieu du service religieux, les gendarmes se sont présentés à l’église, ils ont fait transporter le cercueil à l’hôpital pour le soumettre à l’autopsie et ont procédé à l’arrestation de la femme du défunt ainsi que d’un pensionnaire de la famille. On croit qu’il y a eu empoisonnement.

Vieux-Thann. – Hier le pensionnaire P.B, a été transporté chez lui à la suite d’une chute dans un escalier. Lorsqu’on voulut le chercher pour le souper, on le trouva mort.

Thann. – Le chiffonnier Christian Palmer et sa femme ont été arrêtés pour avoir acheté à vil prix des objets de valeur volés par Emile Schmitt, ouvrier.

Fullern. -On nous écrit le 6: L’émigration prend de fortes proportions dans notre commune. Hier encore, plusieurs de nos concitoyens se sont mis en route pour faire sans esprit de retour, la traversée de l’Océan.  Pour peu que ce mouvement continue on trouvera bientôt un Fullern dans le Nouveau-Monde.

Guebwiller, le 6 avril.- Le commissaire de police porte à la connaissance du public, que du 1er avril à la fin septembre les rues devront être nettoyées les samedi et veilles de jours de fête, entre 6 et 7 heures du soir, et les autres jours entre 6 et 7 heures du matin.

-7 avril.- Ce soir vers 5 heures, un petit garçon de 5 ans s’est noyé dans le canal de la fabrique. L’enfant était tombé dans l’eau sans être remarque de personne, si bien que  les secours sont arrivés trop tard. L’enfant appartient aux époux Lüstenberger, qui ont déjà perdu l’an dernier un enfant de 2 ans dans les mêmes circonstances.

A partir de demain on travaillera de nouveau toute la journée à la fabrique Bourcart fils & Compagnie.

Schlestadt. – L’examen d’entrée pour notre école secondaire aura lieu lundi, le 25 avril. On recevra des élèves, de la ville et des environs, âgés de 12 ans au moins. L’écolage est de 36 m. par an.

Schervillé, le 6 avril.  -On nous écrit:  Il y a 3 semaines, d’audacieux malfaiteurs ont dérobés 20 poules de la basse cour de M Martz, instituteur de notre commune.

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1885 -Rixe, cheval emporté, chemin de fer, lettre du Texas.

Rixe. — Hier soir,  vers 7 heures, sur la place Franklin, deux jeunes gars se sont battus ; ils ne tardèrent pas à être entourés d’un cercle serré de curieux, avides d’assister à ce tournoi. Lorsque un d’eux eut reçu son compte, il s’empressa d’abandonner le champ de bataille pendant que le vainqueur, pour célébrer sa victoire, se mit à entonner le chant du coq.

Cheval emporté. — Hier matin, le cheval attelé à une voiture de citadine stationnée devant la gare, s’est subitement emporté, pendant que le cocher procédait au nettoyage. Le cheval dans sa course folle,  est allé se heurter contre la grille ; il s’est fait des blessures assez graves et la voiture a été considérablement endommagée.

Chemin de fer. — Des tentatives de déraillements avaient eu lieu, le 17 avril dernier, à Cernay et à Wesserling, où l’on avait dérangé les aiguilles et placé des pierres sur la voie.

L’administration des chemins de fer a promis une récompense de 200 m. à celui ou à ceux qui pourraient lui fournir des indications nécessaires permettant de découvrir les auteurs de ces criminelles tentatives.

Lettre du Texas. — L’extrait suivant d’une lettre écrite par un jeune agriculteur alsacien, établi depuis quelques semaines au Texas, intéressera certainement plus d’un de nos lecteurs:

Henrietta Clay C°, Texas, le 11 avril:

… Voilà quatre semaines que je suis dans le Texas, à Henrietta sur la frontière du territoire indien.  Les sauvages ne sont pas si féroces qu’on veut bien le croire ; je crois même que dans notre pays, il y a des gens moins civilisés qu’eux.

L’hiver à été très rude dans ce pays, et on ne se souvient pas de mémoire d’homme d’en avoir vu un pareil. Les éleveurs de bétail ont supporté de grandes pertes ;  beaucoup ont perdus la moitié de leur fortune.

C’est un bien beau pays par ici ; le blé, le maïs, l’orge, l’avoine, la vigne, tous les arbres fruitiers y viennent très bien. Les trèfles toutefois ne viennent pas là où on irrigue pas. C’est à peu près le même climat qu’en Algérie, qui se trouve sur la même latitude que le Texas. On ne laboure guère encore où je suis ; tout se réduit à l’élevage du bétail. Cependant, le pays commence à se peupler et la culture occupera bientôt ce pays tout aussi bien que le Sud.

Je n’ai pas encore été à la ferme  « Richard Ring » dont parle l’Express, mais j’en ai vu de plus grandes que celle-là ; Une ferme de 800,000 à un million d’acres (1) est plus commune dans le Colorado et dans le Texas, que les fermes de 400 à 500 hectares en France.

F.S

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1885 – Scène regrettable, espèce ovine,

Scène regrettable. — Dimanche dernier, à l’auberge « Au loup », sise chaussée de Dornach, 115, s’est passé une scène regrettable, qui est racontée par M.  W. Grötz qui tient cette auberge de la façon suivante:

« Un certain nombre de clients étaient tranquillement attablés quand, tout à coup, deux sous-officiers et un caporal, un peu gai entrèrent chez moi. Ces messieurs dans leur conversation animée, se mirent aussi à parler avec les civils, de telle sorte qu’il en résulta bientôt un vif échange de paroles. Je me vis donc autorisé à m’interposer et à inviter aux assistants au calme.  Messieurs les sous-officiers, cependant, ne voulurent point céder et c’est alors que je les invitai encore une fois, soit à rester tranquilles, soit à quitter l’établissement. A ces mots, Messieurs les sous-officiers abaissèrent sous le menton les chaines écailleuses (de leur casque) et le Caporal dégaina dans mon auberge. Je n’en ouvris pas moins la porte et leur ordonna de s’éloigner ; mais lorsque le caporal fut sous la porte, il m’asséna sur la tête un coup qui me fit chanceler.

« Quelques uns des assistants voulurent se porter à mon secours et se précipiter sur les soldats ; cependant, d’après ce que j’ai appris, les soldats on reçu quelques coups de la part des clients qui avaient sautés dehors. Dès lors dans l’auberge tout est entré dans le calme.

« Mais bientôt il entra quelqu’un qui vint dire que les sous-officiers revenaient ; Là-dessus, je fermai la porte à clef et dis à mes clients que je ne me souciais pas d’avoir une seconde édition de cette scène.

Tout à coup, on frappe à la porte, et on enfonce les fenêtres, par lesquelles on entre; des soldats, l’arme au bras, entrent aussi par la porte de derrière et dirigent leurs fusils sur deux clients qui étaient restés. Je me suis caché, c’est vrai; mais que pouvait-on faire de mieux? chacun cherchait à sauver sa vie. Même à ma femme et ma fille, les soldats on mis les bayonnettes sur la poitrine ; ils ont tout brisé et poursuivis les fuyards jusque dans la rue. Les femmes criaient « Mordio ! » lorsque les sous-officiers commandèrent « feu! »

« Voilà comment s’est passée toute l’histoire ! »

Espèce bovine. — Hier, à midi, un magnifique troupeau de moutons, que traversa notre ville, attirait l’attention du public.

Dans ce troupeau, se trouvait quelques béliers mérinos, bien plus grands que les brebis et constituant de magnifiques bêtes. Ces moutons venaient de Munich et étaient destinés à nos bouchers.

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